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C.L.
Habituellement, le printemps est une saison qui suscite l'espoir. C'est aussi une raison pour parler
d'avenir et, à propos, quel avenir la France offre-t-elle à ses citoyens handicapés ?
Depuis quatre décennies, notre pays applique la même recette, sans s'être rendu compte qu'elle est
devenue obsolète au fil du temps.
Après la tournée des services médicaux, les parents sont sommés de se rendre au pôle Enfants de la
Mdph. Puis, c'est au tour de la scolarité, pour laquelle, une bonne partie des jeunes est orientée en
éducation adaptée (ici, nous rejetons le vocable "spécialisée"). Par le passé, cette éducation dite
adaptée était décidée par la Cdes (Ici, l'orthographe est volontaire), qui était la Commission
Départementale de l'Education Spéciale. Notons que des jeunes suivent le programme de
l'Education nationale alors que d'autres se retrouvent dans le maquis des structures médico-sociales.
Et les jeunes handicapés scolarisés en milieu ordinaire ? Comme par hasard, cela reste une
exception.
Après la vie scolaire, vient le moment de rechercher un travail. Alors, que font nos jeunes
handicapés ? Ils font bouchers, réparateurs TV, pharmaciens ? Que nenni. Ils suivent gentiment le
"choix-pis-aller" que propose la pieuvre Mdph autrement dit, aller en ESAT (anciennement CAT).
D'autres, plus chanceux dirons-nous, rejoignent une Entreprise Adaptée (ex-Atelier protégé). Une
petite poignée parvient (souvent par népotisme) à travailler en milieu ordinaire. Le reste, ce sont les
personnes épuisées par les nombreuses tentatives d'insertion et découragées par ce dispositif en
place.
Autre point, les ressources actuelles ne permettent pas à certaines personnes de faire face au
quotidien. De plus, ces personnes souhaitent ardemment vivre comme tout le monde (fonder un
foyer, se marier, habiter un logement, créer une activité...) mais aussi, que la sacro-sainte
Administration leur f...ent la paix.
Face au manque de ressources, des personnes handicapées ont de la suite dans les idées. Elles
échafaudent des projets, comme monter une coopérative pour la location d'aides techniques ou la
confection de vêtements adaptés. D'autres se tournent vers les techniques de l'information
(applications pour téléphones portables), le web, l'imprimerie braille, les médias communautaires ou
la restauration. Ces profils atypiques, les associations de personnes handicapées les ont remarqués
depuis un peu plus de 10 ans et cette tendance va en s'amplifiant.
Face aux personnes handicapées de 30 - 35 ans, inutile de leur seriner "Retournez voir la Mdph", car
c'est peine perdue. Eh oui, qui accepte aujourd'hui de perdre huit mois pour un bout de papier ?
En matière de handicap, la recette instaurée par notre pays est bonne à changer, et au plus vite ! Qui,
aujourd'hui est satisfait de la Loi 2005 ? A vrai dire, personne. Le temps où l'on mettait "les rouges
avec les rouges, les handicapés avec les handicapés..." est bien révolu. Passons dès maintenant au
"vivre ensemble". Face à une population défavorisée, les actions de cantonnement ne sont jamais
payantes ; c'est en laissant s'exprimer les souhaits et projets que les choses peuvent avancer, que se
dessine le champ du possible, grâce auquel demain se réalisera.
Christophe LAUNAY.
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