En savoir +
Bandeau Exister c'est permis, le handicap citoyen et indépendant
Gauche
Droit

Vous êtes ici : Accueil > Actu > L'Edito

Rôle actif et handicap, donnons des chances !

Durant cet été, vous allez vous adonner à la détente, rencontrer des amis, partir histoire de vous changer d’air mais aussi en profiter pour lire, vous replonger dans un bouquin acheté en septembre, que vous aviez laissé en plan. Profitez-en également pour découvrir le sujet de ce billet. Après l’avoir lu, vous aurez tout l’été pour méditer les idées citoyennes que je vais vous exposer.

Comme chacun le sait, la France, c’est environ 65 millions de personnes. Parmi la population, nous avons les enfants qui vont à l’école, des adultes qui travaillent mais aussi les seniors qui ont quitté la vie professionnelle, qui continuent à profiter de la vie avant que survienne la perte d’autonomie voire, la dépendance.

La France, c’est aussi ces différentes populations qui sont touchées par l’exclusion (personnes privées d’emploi, parents isolés, jeunes en échec scolaire, enfants et adultes handicapés). Ce sont des formes d’exclusions qui, dit-on, seraient causées par le progrès technique et différents facteurs économiques (Pff ! Cela fait presque vingt ans que je ne crois plus à cette version-là). Sachez qu’un pays économiquement prospère crée peu de population exclue. Ce qui se produit actuellement obéit à un autre phénomène, à savoir, la fâcheuse manie de nos politiques, à vouloir tout plafonner (En France, il y a tant de travailleurs, tant de bouchers ou de médecins, point barre). Curieusement, aucun média ne fait état de cette situation. Si nous n’y faisons rien, nous allons nous prendre le mur.

Ce que nous venons d’évoquer nous amène au constat suivant : Ces populations sont rarement présentes dans les différents secteurs d’activité (sans-emplois en stage parking, travailleurs handicapés en Esat). Elles sont rarement insérées dans les activités culturelles et sociales. (hormis par le biais d’associations).

Personnes handicapées, veut-on vraiment les insérer, leur donner un rôle actif et social ?

Une chose est sûre, nous ne pouvons pas insérer le tout-venant de la population handicapée dans les secteurs marchand et industriel, du fait de la conjoncture économique, particulièrement tendue, que nous connaissons. Seule une infime quantité de cette population peut accéder à un emploi dans ces secteurs. A l’inverse, vouloir envoyer la quasi-totalité des personnes handicapées en Esat (Etablissements et Structures d’Aide par le Travail), n’est pas réaliste. D’ailleurs, est-ce vraiment souhaitable ?
Il existe l’option des Entreprises Adaptées, qui s’appelaient anciennement les Ateliers Protégés. Malheureusement, ce type de société est moins fréquent que les Esat. Aujourd’hui, les Esat et Entreprises Adaptées sont vues comme des solutions laissées par défaut car, émanant de « choix » politiques surannés, inadaptés aux réalités actuelles.
Qui dit accéder à un emploi dit aussi compétences, qu’elles soient professionnelles ou autres. Soulignons que chez de nombreuses personnes handicapées, les acquis professionnels sont parcellaires voire, inexistants, que les savoirs extra-scolaires (ou assimilés), acquis au sein de la famille ou dans certains lieux de loisirs, ne sont pas valorisés. En France, tout passe encore par le sacro-saint Diplôme. Cette situation est-elle encore tenable ? Interrogeons-nous.
Afin de développer et valoriser les compétences des personnes vivant avec le handicap, pourquoi ne pas créer des pépinières de talents, en prenant pour modèle les junior-entreprises ou ce qui se pratique au sein des Maisons Familiales Rurales.
Autre point qui, passé l’an 2000, devrait en choquer plus d’un(e) : Les personnes handicapées, a-t-on le courage d’en faire des acteurs de notre société ? Les mots « courage » et « acteurs », seraient-ils inconnus du cerveau de certains bipèdes, habitués des hémicycles ?

Quelles pistes envisager ?

Nous l’avons vu, nous pouvons difficilement embaucher des personnes handicapées dans les secteurs commercial et industriel. Nous ne pouvons pas nous résoudre à adresser toute la population handicapée en Esat. En réfléchissant bien, il existe d’autres pistes que nous pouvons explorer. Nous savons que la population handicapée n’est pas toujours très mobile. De ce fait, pourquoi ne pas développer des emplois de proximité, au sein des mairies, des écoles ou des équipements sportifs et culturels ? Dans l’environnement (fleurissement d’espaces publics, entretien des cimetières et autres sites classés) ? Dans les petites productions agricoles (élevage de lapins, de volaille, ramassage et conditionnement de fruits ou légumes) ? Je sais que ces différentes activités existent au sein des Esat et entreprises Adaptées mais il est possible de les développer dans de l’économie locale et solidaire, sans recourir à un milieu dit adapté, ni entrer en concurrence avec celui-ci. Cela demandera du temps pour se réaliser mais c’est faisable.
Autre idée, utiliser les services permis par les outils numériques : recherches et compilations de documents sur l’évolution de l’agriculture, l’essor des villes, les nouvelles pratiques liées à l’environnement ou le patrimoine. Ce type d’activité peut également se réaliser via le télétravail (travailler à distance et transmettre les documents à son employeur ou à ses clients).

Les activités en lien avec la culture ne sont pas oubliées. Cela peut être la distribution de dépliants aux abords des embarcadères, des parcs naturels et autres monuments historiques. Le spectacle vivant peut, lui aussi, tirer profit du talent d’artistes, mis en avant en tant qu’artistes (musiciens, jongleurs, slameurs, danseurs, photographes...), tout en laissant le handicap en arrière-plan, à l’image de l’humoriste Guillaume Bats. Autre idée, développer l’artisanat pratiqué par des personnes handicapées (poterie, confection d’objets en bois, sets pour verres...).

Pages : 1  2

A voir également